Analyse — 20 Novembre 2025

Audits citoyens : pourquoi ils seront indispensables avant d’agir

Des audits déjà menés, mais un tableau encore incomplet

Ces dernières années, la mairie et la métropole ont engagé plusieurs travaux d’évaluation. La Chambre régionale des comptes a ainsi examiné les finances locales, en particulier la structure de la dette et les engagements hors bilan. Dans le champ social, des audits ont porté sur l’organisation des EHPAD, les services du CCAS ou encore la gestion des dispositifs d’accompagnement. D’autres analyses ont concerné la performance énergétique des bâtiments municipaux ou les impacts environnementaux de certaines structures. Enfin, plusieurs grands projets urbains — notamment le projet Inspire — ont fait l’objet d’études techniques et financières approfondies. Bien que ces travaux apportent des éléments précieux, ils ne couvrent qu’une partie des champs qui conditionnent la qualité de vie des habitants.

Ce qu’il reste à éclairer

Une nouvelle équipe municipale devra disposer d’une vision globale pour hiérarchiser les priorités. Cela suppose d’étendre les audits à plusieurs domaines essentiels. Les finances et la gestion de la dette restent un pilier incontournable. L’organisation interne et les ressources humaines méritent également une analyse fine. Dans le champ social, l’évaluation de la qualité et de l’accessibilité des services — crèches, EHPAD, accompagnement des publics fragiles — constitue un enjeu majeur. La politique culturelle, ses coûts, ses usages et son impact social nécessiteraient également une étude approfondie. L’économie locale, les commerces et l’effet des travaux urbains représentent un autre champ d’analyse indispensable. La transition écologique, la sécurité et la gouvernance doivent enfin être analysées avec rigueur.

Un calendrier resserré pour gagner en efficacité

Un déroulé réaliste pourrait s’étaler sur six mois. Les deux premiers seraient consacrés aux audits financiers, à l’examen des ressources humaines et à l’analyse de la gouvernance. La période suivante permettrait de se pencher sur l’économie locale, la mobilité et les enjeux écologiques. Les travaux sur l’action sociale, la culture et la sécurité interviendraient en dernier, avant une restitution publique destinée à partager les résultats et à établir une hiérarchie collective des priorités.

Une étape clé pour reconstruire la confiance

Après plus de 80 ans de gestion sans alternance, Clermont-Ferrand souffre d’un manque de lisibilité démocratique : accumulation de strates décisionnelles, opacité de certains choix, absence d’évaluations systématiques. Pour un collectif véritablement apartisan, l’enjeu n’est pas d’alimenter la polémique mais de rétablir des faits objectivés. Les audits représentent dès lors un levier essentiel pour éclairer ce qui a été fait, ce qui fonctionne, ce qui doit être corrigé. En s’appuyant sur des audits citoyens et indépendants, Clermont-Ferrand disposerait d’un outil précieux pour bâtir une gouvernance plus lisible, plus efficace et plus proche des préoccupations des Clermontoises et Clermontois.